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Océanie··4 min

La Nouvelle-Zélande sort à peine de la récession, la Papouasie fait 5,6 %

Un demi-point de croissance à Wellington, 5,64 % à Port-Moresby, et 1,35 % à Canberra pour la deuxième année. Quatre économies qui ne jouent pas dans le même registre.

La Nouvelle-Zélande a terminé 2025 avec 0,46 % de croissance. Après un exercice 2024 à −0,87 %, c’est techniquement une sortie de récession. Le mot est trop grand pour ce qu’il recouvre : un demi-point, dans une économie de 5,3 millions d’habitants qui produisait déjà 49 591 dollars par tête.

La Papouasie-Nouvelle-Guinée, dans le même intervalle, a fait 5,64 %. C’est sa meilleure année depuis 2022 et le taux le plus élevé des quatre économies d’Océanie que nous suivons. Son produit intérieur brut par habitant s’établit à 3 020 dollars, seize fois moins que le voisin néo-zélandais.

Deux économies qui ne jouent pas dans le même registre

Comparer ces deux taux n’a d’intérêt que si l’on garde en tête ce qu’ils mesurent. Un pays à 3 000 dollars par habitant qui gagne 5 % ajoute environ 150 dollars par personne et par an. Un pays à 50 000 dollars qui gagne 0,5 % en ajoute 250. Le premier chiffre impressionne davantage, le second pèse plus lourd dans une poche.

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Cela dit, la trajectoire papoue n’est pas une illusion statistique. Le pays enchaîne 5,71 % en 2022, 3,81 % en 2023, 3,89 % en 2024, puis 5,64 %. Quatre années de croissance soutenue après une décennie hachée, où trois exercices sur dix se sont soldés par une contraction. Son solde des transactions courantes affichait +15,48 % du produit intérieur brut en 2024, dernière année publiée, un excédent qui place le pays très au-dessus de tout ce qui se pratique dans la région.

Un détail mérite d’être signalé plutôt que masqué : la série des exportations rapportées au PIB n’est pas publiée pour la Papouasie-Nouvelle-Guinée dans la base de la Banque mondiale. Pour une économie dont l’excédent extérieur atteint 15 % du PIB, c’est le chiffre qu’on voudrait justement pouvoir vérifier. Nous nous en tenons donc au solde, seul indicateur disponible.

L’Australie tourne à vide depuis deux ans

1,37 % en 2024, 1,35 % en 2025. L’économie australienne a trouvé son rythme de croisière, et il est faible pour un pays qui sortait de 4,25 % en 2022 et 3,58 % en 2023. L’inflation, à 2,87 %, est redescendue sans revenir au niveau d’avant 2021. Le déficit courant se creuse à 2,68 % du PIB.

Ce dernier point est le plus notable. L’Australie exporte du minerai de fer, du charbon et du gaz ; elle est structurellement du côté des excédents quand les cours tiennent. Deux années de croissance à 1,3 % accompagnées d’un déficit extérieur signifient que la demande intérieure, elle, continue de tirer les importations pendant que les recettes minières ne compensent plus. Les exportations pèsent 23,24 % du produit intérieur brut, un niveau modeste pour une économie que l’on décrit habituellement comme une mine adossée à un pays.

L’euro valait 1,6303 dollar australien et 1,9547 dollar néo-zélandais le 25 août 2026.

Fidji sort du schéma par les prix

L’archipel a terminé 2025 en déflation, à −1,38 %, alors que sa croissance atteignait 3,20 %. La combinaison est rare : des prix qui baissent dans une économie qui progresse à plus de 3 %. Elle s’explique par la structure de l’île, dont les exportations représentent 54,41 % du produit intérieur brut en 2024 et dont à peu près tout ce qui se consomme arrive par bateau. Quand le fret et les devises jouent dans le bon sens, les prix intérieurs suivent immédiatement.

Le revers se lit dans le solde courant : −7,78 % du PIB en 2024, de loin le plus dégradé de la région. Une économie de 933 000 habitants qui importe l’essentiel de sa consommation vit à crédit extérieur permanent, et ses années de forte croissance creusent le déficit au lieu de le combler. Fidji avait perdu 17,18 % de son PIB en 2020 ; les 17,75 % de 2022 et les 9,44 % de 2023 sont le rattrapage de cette chute, pas un décollage.

Ce que 2026 dira

Deux séries à surveiller. La croissance néo-zélandaise d’abord : un deuxième exercice sous 1 % transformerait le trou d’air de 2024 en stagnation installée, et la question deviendrait celle de la productivité plutôt que celle du cycle. L’excédent courant papou ensuite, dont la publication 2025 dira si les 15,48 % de 2024 tenaient à un pic de cours ou à un changement de régime.

Sources. Banque mondiale, indicateurs du développement dans le monde, mise à jour du 13 juillet 2026 : croissance du PIB (NY.GDP.MKTP.KD.ZG), inflation (FP.CPI.TOTL.ZG), solde des transactions courantes en pourcentage du PIB (BN.CAB.XOKA.GD.ZS), exportations en pourcentage du PIB (NE.EXP.GNFS.ZS), PIB par habitant (NY.GDP.PCAP.CD), population (SP.POP.TOTL). Papouasie-Nouvelle-Guinée : solde courant 2024, série des exportations non publiée. Nouvelle-Zélande et Fidji : exportations 2024 ; Fidji, solde courant 2024. Taux de change : Banque centrale européenne, série EXR quotidienne, observation du 25 août 2026. Données 2025 provisoires.

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