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Amérique latine··7 min

Inflation 2025 en Amérique latine : 1,53 % au Pérou, 5,14 % en Colombie, 5,02 % au Brésil

Du pic de 2022-2023 au retour partiel à la normale : inflation, croissance, chômage et PIB par habitant au Brésil, en Colombie, au Chili et au Pérou, avec le Mexique et Haïti en contrepoint.

Mis à jour le

Graphique en courbes : Inflation, 2019-2025, Brésil, Colombie, Chili, Pérou, Mexique

Le Pérou a terminé 2025 avec une inflation de 1,53 %, soit moins que les 2,25 % de 2019. La Colombie, elle, reste à 5,14 %, après un pic de 11,74 % en 2023. Entre ces deux économies andines, le même choc de prix a laissé des traces très différentes.

Cette analyse suit quatre pays d’Amérique du Sud, le Brésil, la Colombie, le Chili et le Pérou, de 2019 à 2025. Le Mexique et Haïti servent de contrepoints : l’un plus stable, l’autre durablement en crise. L’Argentine, déjà traitée dans une autre analyse, n’a droit qu’à une phrase.

Le pic d’inflation n’a pas frappé tous les pays la même année

En 2022, le Chili atteint 11,64 %, le Brésil 9,28 %, le Pérou 8,33 % et le Mexique 7,90 %. La Colombie suit un an plus tard : 10,18 % en 2022, puis 11,74 % en 2023, son maximum de la période. Les séries ne disent pas pourquoi ce décalage. Elles montrent seulement que le pic colombien est arrivé quand les trois autres redescendaient déjà.

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Pays 2019 2020 2021 2022 2023 2024 2025
Brésil 3,73 3,21 8,30 9,28 4,59 4,37 5,02
Colombie 3,52 2,53 3,50 10,18 11,74 6,61 5,14
Chili 2,56 3,05 4,52 11,64 7,58 4,30 4,21
Pérou 2,25 2,00 4,27 8,33 6,46 2,01 1,53
Mexique 3,64 3,40 5,69 7,90 5,53 4,72 3,81

Inflation des prix à la consommation, en pour cent par an. L’Argentine sort de l’échelle : 219,88 % en 2024, dernière valeur publiée, aucune donnée n’existant encore pour 2025 dans la série.

Le retour à la normale s’arrête à des niveaux différents

Le Pérou est le seul du groupe à finir sous son niveau de 2019 : 1,53 % contre 2,25 %. Il était déjà à 2,01 % en 2024. Le Mexique est tout près de son point de départ, 3,81 % en 2025 pour 3,64 % en 2019.

Le Chili est redescendu à 4,21 %, contre 2,56 % d’avant la crise, un niveau encore supérieur. La Colombie, à 5,14 %, en est encore loin : en 2019, elle était à 3,52 %. Quant au Brésil, il a fait un pas en arrière. Après 4,37 % en 2024, son inflation remonte à 5,02 % en 2025, alors que ses voisins continuent de baisser.

Ce mouvement brésilien est le plus difficile à lire. Une hausse d’un demi-point sur une année ne fait pas une tendance, et les séries annuelles ne permettent pas d’en isoler la source. Il suffit pourtant à rappeler que le retour au calme n’est pas acquis partout, même là où l’inflation était revenue dans la fourchette des quatre pour cent.

La croissance est retombée après le rebond de 2021

La récession de 2020 a été brutale au Pérou (10,93 % de recul), puis au Mexique (8,35 %), en Colombie (7,19 %) et au Chili (6,14 %). Le Brésil s’en tire avec 3,28 % de baisse. Le rebond a suivi la même hiérarchie : 13,42 % au Pérou en 2021, 11,34 % au Chili, 10,80 % en Colombie, seulement 4,76 % au Brésil.

Depuis, le rythme a fléchi. En moyenne sur 2023, 2024 et 2025, le Brésil croît de 2,98 % par an, le Pérou de 2,20 %, le Chili de 1,98 %, le Mexique de 1,67 % et la Colombie de 1,66 %. Ce sont des moyennes simples des taux annuels publiés, calculées par la rédaction.

Le creux est net en 2023, justement l’année où l’inflation colombienne culmine : la croissance y tombe à 0,84 %. Le Chili fait 0,68 % cette année-là, et le Pérou recule de 0,35 %. Le Mexique, lui, finit 2025 à 0,56 %, après 3,11 % en 2023 et 1,35 % en 2024. Inutile de dramatiser : l’avant-crise n’était pas brillant non plus, avec 0,64 % au Chili et 1,22 % au Brésil en 2019.

Les trajectoires de 2025 se séparent. Le Pérou croît de 3,43 %, la Colombie de 2,64 %, le Chili de 2,46 %, le Brésil de 2,29 %. Le Mexique reste loin derrière, à 0,56 %, alors qu’il avait fait 3,71 % en 2022. La Colombie remonte nettement par rapport à 1,49 % en 2024, mais son inflation, à 5,14 %, reste la plus haute des quatre pays suivis.

Le Mexique est l’économie la plus ouverte de l’échantillon, avec un commerce extérieur équivalent à 79,92 % de son PIB en 2025, contre 64,98 % pour le Chili. Une croissance à 0,56 % dans un pays aussi exposé laisse penser que la demande extérieure pèse, sans que les séries permettent de l’affirmer.

Le chômage a reculé au Brésil et en Colombie, pas au Chili

C’est le point le moins attendu du tableau. Le chômage brésilien est passé de 13,70 % en 2020 à 5,97 % en 2025, bien en dessous des 11,94 % de 2019. La Colombie a suivi la même pente : 15,98 % en 2020, 8,29 % en 2025, contre 10,28 % avant la crise. Dans les deux cas, l’emploi s’est redressé alors que la croissance ralentissait.

Le Chili raconte autre chose. Son chômage était de 7,49 % en 2019, a culminé à 10,93 % en 2020, puis est revenu à 8,25 % en 2022. Il est remonté depuis : 8,97 % en 2025, soit plus qu’avant la pandémie. Le Pérou est à 5,12 %, après un pic à 7,18 %, mais restait à 3,38 % avant le choc. Le Mexique, à 2,67 %, est le plus bas du groupe. Haïti, dernière valeur de la série, affiche 14,94 % en 2025.

Ces chiffres sont des estimations modélisées de l’Organisation internationale du travail, pas des enquêtes nationales brutes. Ils ne disent rien de la qualité des emplois ni de la part de l’informel, qui pèse lourd dans la région.

Le PIB par habitant en dollars courants suit le change autant que la richesse

En 2025, le PIB par habitant atteint 17 995 dollars au Chili, 13 889 dollars au Mexique, 10 713 dollars au Brésil, 9 684 dollars au Pérou et 8 562 dollars en Colombie. Tous sont plus hauts qu’en 2019 : 14 497 dollars pour le Chili, 10 370 dollars pour le Mexique, 9 030 dollars pour le Brésil, 7 037 dollars pour le Pérou, 6 473 dollars pour la Colombie.

La prudence s’impose. Le chiffre est en dollars courants : il monte quand la monnaie locale se renforce ou quand les prix grimpent, sans que la production par habitant augmente d’autant. Le Brésil en donne une illustration, avec 7 074 dollars en 2020, un creux que le change a pu amplifier, les séries ne permettant pas de le trancher.

Haïti pousse la limite à l’extrême. Son PIB par habitant a presque doublé, de 1 352 dollars en 2019 à 2 694 dollars en 2025, alors que son PIB réel a reculé chaque année de la période, de 1,72 % en 2019 à 4,18 % en 2024 puis 2,71 % en 2025. La hausse nominale n’est donc pas un enrichissement. L’inflation, à 36,81 % en 2023 et 28,64 % en 2025, en explique sans doute une grande partie. Les envois de fonds représentaient 16,95 % du PIB en 2024, dernière année publiée, soit environ 4,1 milliards de dollars.

Les envois de fonds complètent le tableau. Ils représentent 3,55 % du PIB mexicain en 2025, 2,87 % du PIB colombien, 1,58 % du PIB péruvien, 0,21 % au Brésil et 0,03 % au Chili. Pour les ménages mexicains et colombiens, ces transferts forment un revenu extérieur qui ne dépend pas du cycle intérieur. Au Chili et au Brésil, ils comptent à peine.

Ce que les séries annuelles ne montrent pas

Le cas à surveiller est le Brésil : 5,02 % d’inflation après 4,37 %, avec un chômage à 5,97 % et une croissance de 2,29 %. Un marché du travail serré et des prix qui remontent forment un couple connu, que seule la prochaine publication permettra de confirmer ou d’écarter.

Tout ce qui précède se heurte à une limite. Une moyenne annuelle d’inflation cache le chemin parcouru dans l’année, et un pic mensuel peut avoir été bien plus haut que le 11,74 % colombien de 2023. Les chiffres de 2025 restent sujets à révision.

Sources : Banque mondiale, Indicateurs du développement dans le monde, séries mises à jour le 28 octobre 2026. Les montants sont en dollars courants ; les moyennes et le montant des envois de fonds sont des calculs de la rédaction.

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